Conte de Tranchée
"Contes singuliers, faits de récits, de portraits drolatique et mystérieux, qui s’inscrivent dans l’univers des tranchées »
Un humour corrosif et grinçant est au coeur de ces morceaux choisis surréaliste à peine croyable!Loin du pathos et des comémorations traditionnelles, ce magnifique spectacle offre un moment d'histoire comme on ne l'a jamais vu!
Et comme l'énnonce un « canard » né avec la guerre et qui deviendra célèbre : « Quand je vois quelque chose de scandaleux, mon premier mouvement est de m’indigner, mon second mouvement est de rire, c’est plus difficile mais plus efficace ».
Extrait: « L’arrière de l’arrière c’est un drôle de pays : c’est un mirage, un pays oùsqu’on t’parle d’une guerre qu’existe plus que dans les journaux, les discours et les chansons patriotiques. Un pays où les boches ont définitivement perdu la guerre et où on t’demande c’que tu fous encore dans ta tranchée. C’est un endroit oùsque les gars rêvent tous de s’en aller, mais une fois qu’t y es pour la perme, tu t’ rends compte qu’tu fais plus partie de c’monde, qu’tu parles plus la même langue pour ainsi dire. T’as beau bomber l’torse dans les rues des villes, te sentir auréolé du prestige des tranchées, tu sens qu’tu déranges un peu, avec ta gueule de sauvage, tes yeux d’ fou et l’odeur de mort qui t’ colle. Quand t’es à l’arrière de l’arrière, la plupart du temps, tu t’tais et t’écoutes les gens te parler d’la guerre. Ca t’ instruit. »
Auteur: Jean-françois Maurier
Mise en scène: Jean-François Maurier
Artistes: Gilles Berry
La presse en parle:
Sapho chante Léo Ferré
UN P’TIT JARDIN SUS L’VENTRE
Théâtre du Lucernaire (Paris) février 2007
Contes de tranchée écrits et mis en scène par François Maurier avec Gilles Berry.
Jean-François Mourier s’est penché sur l’univers des tranchées de la fameuse "der des ders" pour en rapporter ce qu’il nomme "des contes singuliers, des faits de récits et des portraits drolatiques", des petits bouts de vie sacrifiées.
Par touches impressionnistes et parfois avec avec un humour grinçant, cette ode au pacifisme donne une vraie leçon d’histoire qui, mieux que toutes les fresques patriotiques et commémorations larmoyantes, constituent un bel hommage aux obscurs, aux sans grade, ceux dont on loue le courage, "ce courage qu’on a quand on peut pas faire autrement", pour que "le p’tit jardin sus l’ventre" de leur dernière maison reste à jamais vivace et qu'ils ne sombrent pas dans le bourbier de l'oubli.
Car ils ont assez pataugé dans la boue, faits comme des rats dans leurs galeries pestilentielles affublés d’un badas inimaginable et d’une ration alimentaire ridicule. Mais il y avait la gnôle, celle qui fait tenir jusqu’au feu d’artifice final ou pour les plus chanceux au retour à l’arrière, même au prix d’amputation ou de gueules cassées, dans un monde dans lequel ils se sentiront à jamais étrangers.
Pas de décor ou presque, une image d’Epinal, le portrait souriant d’un poilu tiré à quatre épingles et une photo, celle d’un sous bois qui garde en mémoire la trace des "entonnoirs".
Rien d’autre que l’officiant, son air de clown triste, et la force des mots et l’implication du passeur. Il nous présente Dédé, un autre lui-même, qui aimait raconter des blagues. Des blagues tristes et plutôt caustiques du temps de la boucherie de la Première guerre mondiale éclipsée par l’Holocauste de la seconde.
Avec un accent du terroir et un parler populaire, il témoigne de l’indicible, observant que c’est à peine croyable et qu’il comprend bien l’effarement incrédule de ceux qui sont à l’arrière de l’arrière.
L'officiant c'est Gilles Berry, admirable .
MM
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